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Ne comptez pas sur moi pour crier haro sur le baudet. Marie Aréna est tout le contraire d'un baudet. Marie est une jeune femme, jolie et intelligente. C'est d'ailleurs pour cela que son mentor l'a élue Présidente en charge de l'Enseignement Fondamental. Parce qu'elle donnait l'image d'une femme jeune, jolie et intelligente, permettant aux francophones de s'identifier à sa jeunesse, à sa beauté, à son intelligence. Et comme en outre, elle provient d'un milieu modeste, qu'elle est courageuse, les modestes francophones peuvent s'identifier à elle, et cela retourne heureusement l'image du wallon paresseux et attentiste. C'est même presque mieux que chez les flamands qui s'émerveillent devant leur jolie Freya, qu'a mise en place la même logique de la représentation. Que notre Marie n'y connaisse pas grand-chose en matière d'enseignement n'a manifestement posé aucun problème lors de son adoubement et ne doit pas nous interpeller : après tout, Marie-Dominique manifeste les mêmes lacunes, et Nolet n'en savait pas plus, en tous cas en début de mandat. Non, Marie fut choisie
pour son image. On en va tout de même pas la lui écorner,
ni le lui reprocher. Pas plus qu'on ne va lui reprocher la banalité
de ses propos quand on lui demande d'être concrète. Non,
on l'a justement choisie aussi pour cela : un langage " soft ",
volontariste certes, qu'une larme peut embellir encore, mais dépourvu
de toute pertinence pédagogique trop engagée, technique
ou philosophique, laissant ce soin à ses collaborateurs, dont,
par ailleurs, la compétence en la matière est reconnue
par tous, y compris par ses adversaires. On ne va pas non
plus lui reprocher quelque léger euphémisme. Notre vie
sociale serait difficile sans un petit mensonge occasionnel, et celle
d'une femme ou d'un homme politique, quelle que soit son honnêteté
intellectuelle, tout simplement impossible sans certaines simplifications
du réel, sans une petite liberté occasionnelle avec la
vérité, qui n'est jamais absolue quoi qu'on en dise. On pourrait lui reprocher son imprudence, presque de l'impudence. Mais, là aussi, ses propres explications désarment le grincheux : la rénovation indispensable de ses installations n'est pas abusivement coûteuse, tout juste dans la norme des prix moyens à Bruxelles, … et cela valorise l'image de l'Institution. Toujours l'image. Une jolie jeune femme brillante accueille les invités de la Francophonie belge dans un cadre digne d'elles et d'eux. Cohérences iconiques. On ne le leur reprochera pas, à elles non plus.
Pour des griefs fondés, venez donc à Mons, une des plus belles villes de notre belle Wallonie.
Une ruine. Une friche. Un chancre. Un abandon coupable, lui, a causé la mort progressive d'une école fondamentale de cette même Communauté Française, fréquentée surtout par des enfants pauvres. Faut dire les mots. Et, en face, de l'autre côté de la cour mutilée, des théories de futurs maîtres, des générations d'éducateurs en formation, se sont habitués à admettre comme inéluctable la fatalité d'un environnement architectural progressivement ravagé, fatalité qu'ils ne contesteront pas davantage demain, quand on les parquera avec leurs élèves dans des classes délabrées et inondables d'un Borinage tout proche et en lambeaux. Envers d'images, images d'enfers, cachées dans les replis des oublis, camouflées derrière les fumées de contrats d'avenir minimalistes, aux promesses néanmoins jamais tenues. Réveille-toi, Vandervelde, ils sont devenus fous. Abel DEBRUE. |
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